Partager l'article ! Les montres de Bord de l'Armée de l'air - Les AERA (1926/1933): ...
Ecrire l'historique des montres de bord de l'Armée de l'air française entre 1925 et l'immédiat après guerre n'est pas chose simple. La documentation technique est éparse et il est parfois difficile d'y voir clair... Notre objectif n'est donc absolument pas d'être exhaustif ou d'annoncer des certitudes, ce serait parfaitement prétentieux et malvenu vu le sujet. L'idée est plutot de présenter un état de nos connaissance et évidemment tout ceux qui pourront apporter des précisions ou des corrections sont les bienvenus !
Le premier document que nous avons pu trouver est le catalogue N°7 en date de 1926 des Etablissements AERA(siège au 29 Av. de La Grande Armée et ateliers aux 70 rue
Dareau dans le XIVe arrondissement. Ceux qui veulent essayer de téléphoner c'est le Gobelins 05-46 !). Malheureusement nous n'avons pu trouver les catalogues précédents, sachant que le N°6 datait
de 1922.
AERA, fondée en 1908, était spécialisé en instruments de bord et matériel aéronautique en tous genre c'est pourquoi la planche proposée ici couvre aussi bien les appareils civils que militaires.
En 1926, ces établissement proposent trois types de montres avec leurs dérivées (en tout huit références, 31147 à 31154 de 130 francs à 270 francs !).
La première fait 120mm de diamètre, elle dispose d'un cadran à fond noir (90mm) , secondes à 12 heures et réserve de marche de 30 heures. Nous n'avons pas détails sur son calibre, si ce n'est qu'il est à 15 rubis. Deux options sont possibles : avec le cadran lumineux et surtout il existe une version avec 8 jours de réserve de marche (là ausi avec cadran lumineux ou non. (Réf. 3147 à 3150 incluses)
La seconde est une montre plus simple, sans seconde, de plus petit diamiètre (85mm et 75mm pour le cadran) mais proposant d'emblée une réserve de marche de 8 jours (mention portée sur le cadran à 12 heure). D'après le dessin proposée son remontage se fait classiquement par couronne fait assez rare pour une montre de bord. Elle est disponible en version avec cadran lumineux. Là encore nous n'avons aucune précision sur le calibre utilisé. (Ref. 3151 et 3152).
La dernière, toujours de 85mm et avec réserve de 8 jours propose une complication intéressante à travers un "observateur" c'est à dire un enregistreur de durée de temps de vol (jusqu'à 12 heures) dont le compteur est situé à 6 heure (compteur secondes à 12 heures, portant la mention '8 jours"). La remise a zéro s'effectue par une molette situé au bas de la colerette. On note une dernière originalité : Le remontage s'effectue en effet après avoir ouvert le cadran, avec une petit clé de remontage repliable restant à demeure sur le mouvement. Il aurait été interessant de connaître le calibre montée sur cette montre.. mais là encore pas de précision de la part d'AERA.... A la différence des deux premières, le cadran est blanc et les index noirs (l'option cadran lumineux - sur fond noir ?) et le logo AERA n'est pas appliqué. (Ref. 3153 et 3154)
On retrouve vraisemblablement ces trois montres sur les appareils typiques de l'époque, Bréguet 14, Potez 25 et autres... Nous recherchons toujours une photo in-situ !
En 1933 AERA fait paraître sont catalogue N°8 et nous disposons cette fois de plus d'informations. Les deux derniers calibres présentés ci-desssus sont toujours présents (mais changent de références, ils deviennent 5259 à 5262) et le premier est remplacé par la Ref 5257.
Cette montre est beaucoup plus connu et nous avons le plaisir de pouvoir vous en présenter une ici, issue d'une collection privée (chercher pas c'est pas la mienne ! arf !).
Il s'agit d'une montre de relativement petite taille (50 mm pour le cadran) portant un calibre "18 lignes à ancre, 15 rubis, Spirale Bréguet élinvar, marche 30 heures et remise à l'heure par tirette." La montre elle même est montée à basculesur un plateau de fixation de 65x65mm ce qui facilite le remontage par couronne, cette dernière étant fixé entre 4 et 5h. Le maintient est assuré par un enclquetage à bille.
Le cadran est noir satiné mat/ fixé par le devant par deux vis à 12 et 6h. On trouve d'abord un chemin de fer blanc gradué tous les quart d'heure avec traverse plus large pour les heures (traités sur la version lumineuse). A l'intérieur, les index marquent les heures. Le compteur seconde est situé entre 10 et 11h (en très légère superposition) avec un chemin de fer et des index toutes les 10 secondes (non lumineux, y compris sur la version dédiée). L'aiguille des secondes est une Bréguet apparement en Cuivre.
Le cadran porte enfin le logo AERA à 6 heures. Les aiguilles sont des Bréguet bleuies. Le verre est simplement maintenu par une colerette en aluminium.
Le boitier et le plateau de fixation sont traités en noir brillan/satiné épais, typique des instruments de bord de l'époque.
On note trois numéros estampés :
- un sur la montre elle même à l'endroit de l'articulation, il s'agit vraisemblablement du numéro de série
- Deux sur la partie supérieure de la plaque de fixation. A gauche nous avons la date de production, "10.29" sur notre exemplaire ce qui correspond simplement à octobre 1929 et à doite un numéro à la signification inconnu, ici 119.
On peut noter que ces numéro sont frappés ni très régulièrement ni très proprement.
Cette montre fut montée sur plusieurs appareils de l'Armée de l'air des Années 30 dont avec certitude la série des Dewoitine 500/510 comme le prouve le document technique joint, issu de la notice de l'appareil.