Et voilà, les aiguilles restaurées ici ont été montées sur le Certina DS-2 dont voici une petite revue avec son Valjoux 234
Et voilà, les aiguilles restaurées ici ont été montées sur le Certina DS-2 dont voici une petite revue avec son Valjoux 234
Voilà une petite revue succinte d'une Yema Yachtingraf quartz.... succinte car il faut être honnête les informations ne courent pas les rues sur cette série... et malgré mes efforts il a été proprement impossible de mettre la mains aussi bien sur la notice de la montre que sur celle du mouvement...
Depuis sa creation la Yachtingraf de Yema, créée en 1968, a connu plusieurs versions au gré des modes mais aussi des changements de propriétaires de la marque de Besançon...
Celle présentée ici date vraisemblablement des années 80. En fait cette série est identique à l'exception du cadran et de la lunettes à la série des YEMA livrés à l'Armée de l'air (voir photo). Elle a aussi été déclinée en version Rallye.
Sa spécificité est d'être évidemment doté d'un double affichage : classique et analogique à travers un mouvement ESA 2Y 900 231 à deux poussoirs à 4 et 8 h.
Indirectement ce mouvement est le plus gros défaut de cette montre. S'il est fort bien côté (il a équipé les Breitling Pluton) il a le défaut d'être extrêmement fragile. Il n'est aujourd'hui plus en fabrication (àl'instar de tous les mouvement aiguilles + digital d'ailleurs...) et ceux en état de marche ne courent pas les rue... Dans le cas de la notre la partie digitale est "faible" mais la partie aiguilles fonctionne parfaitement (verre à moitié vide... à moitié plein...). C'est le défaut des quartz... quand c'est mort c'est mort... les propriétaires de Breitling doivent être content...
Bref, au demeurant, son look est vraiment chouette avec des dimensions en accord avec son époque de fabrication : 40mm de hauteur et 37mm de large (sans couronne). On est loin des dimensions monstrueuses actuelles... et c'est tant mieux !
Le boitier est acier et on note que le verre est... en verre. Un gage de qualité mais aussi un problème car il n'est pas restaurable facilement... d'où les rayures sur les photos. Je me console en me disant que c'est sa patine d'époque...
Autre détail sympathique : le petit logo Yema à 9 heure habillé d'une jolie voile stylisée.
Pour l'anecdote j'ai acheté cette montre une petite quarantaine d'euros ce qui reste super honnête, surtout sachant que le mouvement marche "à moitié". (Les versions Armée de l'air NOS se négocie pas moins de 300 à 400 euros). Elle a été démontée et entièrement nettoyée ce qui a pris un certains temps car elle était vraiment crado. Puis le mouvement a doucement été remis en route...
Bref, il ne s'agit pas d'une montre extraordinaire mais mais qui a le mérite d'une certaine orginalité et un look super 80's ! Je n'ai vraiment que le regret de ne pouvoir remplacer le mouvement...
Evidemment je suis preneur de tout document concernant cette petite quartz !
A la demande d'un aimable visiteur de ce blog, qui désir démonter sa Lip Type 14, je joins ici avec plaisir le descriptif complet de la montre et le pas à pas de démontage issu de la notice des mécaniciens de l'école de Rochefort.
C'est certes un peu rébarbatif mais j’espère que cela sera utile à tous ceux qui souhaitent redonner vie à ces montres…
A l'aube de la seconde guerre mondiale, on assiste à une certaine standardisation des montres de bord sur les appareils de fabrication française. En 1940, la plupart des appareils français sont principalement dotés de deux types de montres : La LIP Type 14 et la Zenith Type 20. Extérieurement identiques, ceux deux montres présentent cependant de nombreuses différences.
Toutes deux ont un mouvement 36 heures inclus dans un boitier en alliage léger, lui même inclus dans le système de fixation à la planche de bord. Le remontage et la remise à l'heure s'effectue via la lunette moletée présente autour du cadran. On note qu'un système de sécurité empêche toute détérioration du mouvement une fois en butée de remontage. La lunette porte aussi un index permettant une prise de repère pour une mesure de temps.
La Lip Type 14
Le cadran est noir avec à l'extérieur un chemin de fer blanc. Les index sont luminescents et en typo baton.
A 6h, le compteur seconde ne compte que quatre repères pour faciliter la lecture, à 12, 3, 6 et 9 heure.
A 12h on trouve l'inscription en majuscule centrée "Type 14/Montre d'aeronef/LIP", le nom de la marque étant en gras.
Au dos, le boitier porte trois inscriptions estampées visibles par les encoches de la plaque de fixation :
- le numéro de série (13321 sur la notre)
- le mois et l'année de production, ici "1 - 1940" pour janvier 1940
- l'inscription LIP type 14
La plaque de fixation elle même porte devant en bas à droite un numéro à la signification inconnue (ici 22623, il pourrait s'agir d'un autre numéro de série mais sans certitude) et en bas à gauche "Type 14".
On note sur notre exemplaire la présence d'une peinture vert pale (que les spécialiste avions rapprocheront du RLM 02 allemand) au dos de la plaque de fixation. On retrouve le même type de teinte à l'intérieur des Morane 406 ce qui tend à prouver que notre exemplaire a bien été monté.
Mécaniquement, la Lip porte un calibre de 38,5 à 15 rubis avec 36 heures de réserve de marche.
La Zenith Type 20
Contemporaine de la Lip Type 14, sont boitier extérieur et son mode de fixation sont identiques. Le cadran présente quelques différences : Les index sont plus gros (le 6 est tronqué par le compteur secondes) et empattés. Les aiguilles sont identiques à la Type 14 et seul l'inscription " Montre d'Aéronef/Zenith Type 20" est visible sur le cadran.
Mécaniquement, le Manuel d'horlogerie des mécaniciens de Rochefort explique simplement les différences entre les deux modèles :
"Elle possède un mouvement 15 rubis, durée de marche 36 heures. Sa présentation est identique à celle de la montre Lipe Type 14.
L'organe régulateur est constitué par un balancier monométallique accouplé à un spiral coudé auto compensateur et anti magnétique (à remarque le grand diamètre du balancier). L'échappement à ancre franco-suisse est identique à celui de la Lip 14.
L'organe moteur est du type courant, avec bride ordinaire. Le rouage est identique à la Lip 14.
Le principe du mécanisme de remontage et remise à l'heure est absolument identique à celui de la lip 14. La réalisation ne diffère que par les points suivants :
a) le boitier cache poussière portant le pilier central dans la Lip 14, est remplacé par un pont supplémentaire portant le pilier. Ce pont est fixé sur le pont de barillet.
b) le pignon de remontage est maintenu contre le rochet de barillet par ressort à lame au lieu d'un ressort à boudin."
La Zenith, comme la Lip existent aussi en "Type 150" qui sert à la navigation. Si le mouvement et le boitier sont identiques, le compteur seconde du cadran disparait au profit d'une aigille centrale. Afin de permettre une remise à l'heure exact, celle si ce bloque (par système de frein du balancier) lorsque la lunette est mise en position de remise à l'heure.
Comme nous l'avons dit, on trouve ces deux montres sur la plupart des appareils de série français des années quarante ce qui porte leur production à plusieurs milliers d'exemplaires. Il apparait cependant que le Zenith est aujourd'hui plus rare que le LIP.
L'Armée de l'air disposant en 1940 de plusieurs appareils d'origines étrangère (Curtiss H-75, Glenn Martin 167, Douglas DB-7, Koolhoven FK-58, etc...) ceux ci sont dotés de montres Pionneer d'origine américaine. Il s'agit en fait ni plus ni moins que de montres Elgin fabriqués sous licence. Plusieurs type ont été livrés à la France mais nous n'en savons pas beaucoup plus, en particulier sur leurs marquages.... Seul certitude le Chasseur hollandais FK-58 qui a équipé quelques unités marginales en 1940 (photo ci-dessous) était doté d'un Pionner 534.h (information tirée de la notice technique).
Mise en service
Servant "réellement" à bord des appareils, ces montres étaient loin d'être présentent pour "la déco" ! Elle devaient donc être particulièrement fiables et justes. Il en allait de la survie pure et simple du pilote... Le tout évidemment dans des consition que l'on peut qualifier d'extrêmes (température négtives en altitude, accélération de l'avion, pression, etc...)Avant toute mise en service opérationnelle suite à une réparation par exemple elle devaient donc subir un batterie de tests, qui nous montre à la fois leur résistance et leur fiabilité :
" Essais des montres à bord
Avant de faire chacun des essais ci-dessous, il est nécessaire que la montre soit remontée à fond. elle doit être laissé 24 heures à température ambiante, pour que la marche se stabilise et pour éviter les conddensations excessives entre les essais à température.
En cours d'essais la montre est remontée quotidiennement
1) position verticale (température ambiante +10° à +20°)
La marche diurne ne doit pas dépasser 15 secondes pendant 3 jours consécutifs.
2) position verticale (température - 4°)
3) position verticale (température - 30°)
4) position verticale (température + 40°)
Ces 3 essais ont une durée de 24 heures. La marche diurne ne doit pas dépasser 45 secondes.
5) position verticale (température ambiante +10° à +20°)
La marche diurne ne doit pas dépasser 45 secondes pendant 3 jours consécutifs.
Essais spéciaux
1) Essais d'accélérations répétées
La montre en position verticale est soumise pendant 24 heures à des vibration horizontales de 1/10 de mm d'amplitude et de fréquence variant entre 1000 et 3000 t/m
Pendant 30 secondes elle est soumise ) des vibrations verticales de 10mm d'amplitude et de fréquence 600 t/m environ
Aucun arrêt de fonctionnement ne doit être constaté
2) Essai d'indifférence magnétique
Durée 24 heures, aucun arrêt ne doit être constaté
3) Essaui d'étanchéité
Durée de l'essai : 5 minutes. Pluie artificielle de 250mm et 1000mm
Aucune trace d'eau ne doit être visible à l'intérieur du boitier.
4) Essai de visibilité et de lisibilité'
Ecrire l'historique des montres de bord de l'Armée de l'air française entre 1925 et l'immédiat après guerre n'est pas chose simple. La documentation technique est éparse et il est parfois difficile d'y voir clair... Notre objectif n'est donc absolument pas d'être exhaustif ou d'annoncer des certitudes, ce serait parfaitement prétentieux et malvenu vu le sujet. L'idée est plutot de présenter un état de nos connaissance et évidemment tout ceux qui pourront apporter des précisions ou des corrections sont les bienvenus !
Le premier document que nous avons pu trouver est le catalogue N°7 en date de 1926 des Etablissements AERA(siège au 29 Av. de La Grande Armée et ateliers aux 70 rue
Dareau dans le XIVe arrondissement. Ceux qui veulent essayer de téléphoner c'est le Gobelins 05-46 !). Malheureusement nous n'avons pu trouver les catalogues précédents, sachant que le N°6 datait
de 1922.
AERA, fondée en 1908, était spécialisé en instruments de bord et matériel aéronautique en tous genre c'est pourquoi la planche proposée ici couvre aussi bien les appareils civils que militaires.
En 1926, ces établissement proposent trois types de montres avec leurs dérivées (en tout huit références, 31147 à 31154 de 130 francs à 270 francs !).
La première fait 120mm de diamètre, elle dispose d'un cadran à fond noir (90mm) , secondes à 12 heures et réserve de marche de 30 heures. Nous n'avons pas détails sur son calibre, si ce n'est qu'il est à 15 rubis. Deux options sont possibles : avec le cadran lumineux et surtout il existe une version avec 8 jours de réserve de marche (là ausi avec cadran lumineux ou non. (Réf. 3147 à 3150 incluses)
La seconde est une montre plus simple, sans seconde, de plus petit diamiètre (85mm et 75mm pour le cadran) mais proposant d'emblée une réserve de marche de 8 jours (mention portée sur le cadran à 12 heure). D'après le dessin proposée son remontage se fait classiquement par couronne fait assez rare pour une montre de bord. Elle est disponible en version avec cadran lumineux. Là encore nous n'avons aucune précision sur le calibre utilisé. (Ref. 3151 et 3152).
La dernière, toujours de 85mm et avec réserve de 8 jours propose une complication intéressante à travers un "observateur" c'est à dire un enregistreur de durée de temps de vol (jusqu'à 12 heures) dont le compteur est situé à 6 heure (compteur secondes à 12 heures, portant la mention '8 jours"). La remise a zéro s'effectue par une molette situé au bas de la colerette. On note une dernière originalité : Le remontage s'effectue en effet après avoir ouvert le cadran, avec une petit clé de remontage repliable restant à demeure sur le mouvement. Il aurait été interessant de connaître le calibre montée sur cette montre.. mais là encore pas de précision de la part d'AERA.... A la différence des deux premières, le cadran est blanc et les index noirs (l'option cadran lumineux - sur fond noir ?) et le logo AERA n'est pas appliqué. (Ref. 3153 et 3154)
On retrouve vraisemblablement ces trois montres sur les appareils typiques de l'époque, Bréguet 14, Potez 25 et autres... Nous recherchons toujours une photo in-situ !
En 1933 AERA fait paraître sont catalogue N°8 et nous disposons cette fois de plus d'informations. Les deux derniers calibres présentés ci-desssus sont toujours présents (mais changent de références, ils deviennent 5259 à 5262) et le premier est remplacé par la Ref 5257.
Cette montre est beaucoup plus connu et nous avons le plaisir de pouvoir vous en présenter une ici, issue d'une collection privée (chercher pas c'est pas la mienne ! arf !).
Il s'agit d'une montre de relativement petite taille (50 mm pour le cadran) portant un calibre "18 lignes à ancre, 15 rubis, Spirale Bréguet élinvar, marche 30 heures et remise à l'heure par tirette." La montre elle même est montée à basculesur un plateau de fixation de 65x65mm ce qui facilite le remontage par couronne, cette dernière étant fixé entre 4 et 5h. Le maintient est assuré par un enclquetage à bille.
Le cadran est noir satiné mat/ fixé par le devant par deux vis à 12 et 6h. On trouve d'abord un chemin de fer blanc gradué tous les quart d'heure avec traverse plus large pour les heures (traités sur la version lumineuse). A l'intérieur, les index marquent les heures. Le compteur seconde est situé entre 10 et 11h (en très légère superposition) avec un chemin de fer et des index toutes les 10 secondes (non lumineux, y compris sur la version dédiée). L'aiguille des secondes est une Bréguet apparement en Cuivre.
Le cadran porte enfin le logo AERA à 6 heures. Les aiguilles sont des Bréguet bleuies. Le verre est simplement maintenu par une colerette en aluminium.
Le boitier et le plateau de fixation sont traités en noir brillan/satiné épais, typique des instruments de bord de l'époque.
On note trois numéros estampés :
- un sur la montre elle même à l'endroit de l'articulation, il s'agit vraisemblablement du numéro de série
- Deux sur la partie supérieure de la plaque de fixation. A gauche nous avons la date de production, "10.29" sur notre exemplaire ce qui correspond simplement à octobre 1929 et à doite un numéro à la signification inconnu, ici 119.
On peut noter que ces numéro sont frappés ni très régulièrement ni très proprement.
Cette montre fut montée sur plusieurs appareils de l'Armée de l'air des Années 30 dont avec certitude la série des Dewoitine 500/510 comme le prouve le document technique joint, issu de la notice de l'appareil.